3 livres pour (vraiment) comprendre le travail aujourd’hui et demain

Chaque page que l’on tourne, crée un frottement électrique. Il est suffisamment léger pour que nous ne sentions rien à notre échelle mais aussi suffisamment puissant pour pouvoir donner naissance à de nouvelles planètes. Chaque livre a donc le potentiel énergétique de faire jaillir une galaxie entière.


Qu’est ce que le travail ? Comment se transforme t-il ? Pourquoi faut-il s’en préoccuper ?

Voici le genre de questions qu’il m’arrive de me poser quand je fais bouillir des pâtes.

Je sais aussi que je ne suis pas le seul à me poser ce genre de questions et que comme vous, je trouve les réponses intéressantes, trop rares ou bien incomplètes. Alors, il m’arrive de me tourner vers certains livres qui ne parlent pas directement du travail mais dont le contenu éclaire certains fragments des réponses que je cherche. Je vais vous en présenter 3 dans ce billet de blog qui paye pas de mine. Le premier livre détruit le travail en tant que valeur, le second pose un postulat radical à savoir la fin du travail et enfin le dernier, permet de tirer partie un peu de tout ça. Maintenant, il ne vous restera plus qu’ à connecter les points comme dirait Steve Jobs.

Alors, si vous vous trouvez en ce moment au coin d’un transat, dans un chalet près du feu, sur une aire d’autoroute, dans un fauteuil moelleux ou bien un fauteuil de la SNCF …avec ces livres, vous allez pouvoir briller en société 😉

Vers l’infini et l’au delà !


Le Droit à la Paresse _ Paul Lafargue

Le Droit à la paresse est un essai publié par Paul Lafargue à l’origine en 1880. C’est à dire fort fort longtemps. Du coup, qu’est ce qu’un bouquin aussi vieux vient faire là ? Surtout pour éclairer le travail d’aujourd’hui et de demain ?

En effet, pourquoi le travail occupe-t-il une place si importante ? Surtout que j’aime souscrire à cette évidence de Voltaire : le travail n’est pas fait pour l’homme et la preuve, c’est que ça le fatigue.

En fait, si j’ai choisi ce bouquin c’est parce que la paresse sera l'une des tendances de cette année. Je sais, personne ne m’a interrogé à ce propos alors je vous le clame ici, la paresse sera tendance cette année ainsi que la carrière.


Ceci est un autre sujet par contre.


Également, il introduit à des concepts très actuels sans même sans rendre compte. Des concepts comme les bullshit jobs ou encore le nomadisme numérique …Il fait cela en se concentrant sur une chose :

Remettre en question le travail en tant que valeur.

On nous le rebâche sans cesse, les politiques surtout, cette valeur du travail sans pour autant l’expliquer. Elle fait sans doute appel à de fausses idées comme « la sueur de son front », « la force de son poignet », les nuits blanches passées à nettoyer le noir du ciel

… Soyons honnête ! Ce sont ceux qui font leur travail sans effort qui ont tout compris aujourd’hui car justement ils ont le talent de le faire facilement.

En tout cas, par cet essai, Paul Lafargue ou Paulo pour les intimes, bouscule les raccourcis, la langue de bois et les idées reçues sur le travail. Pour nous mettre le cerveau en appétit, voici un extrait sympa :

A mesure que la machine se perfectionne et abat le travail de l’homme avec une rapidité et une précision sans cesse croissantes l’ouvrier, au lieu de prolonger son repos d’autant, redouble d’ardeur, comme s’il voulait rivaliser avec la machine.

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La Fin du Travail _ Jeremy Rifkin

Bon ! Jeremy Rifkin, c’est un mec dont j’ai déjà parlé dans une précédente sélection de bouquins. A savoir « la nouvelle société du coût marginal zéro » dans lequel il annonçait notamment la fin du capitalisme. On est d’accord, c’était un coup marketing qui a été assez réussi d’ailleurs. On verra que ce n’était pas son premier coup d’essai puisqu’il avait lancé, quelques années auparavant, le bouquin qui l’a mis dans le game :

La fin du travail

Oui, il donne toujours la fin de quelque chose notre Jerem’. Bon, je dois avouer que je suis aller à reculons avec ce livre. Tout simplement parce que je ne le rejoignais pas dans le titre. J’étais plus enclin à suivre le discours du philosophe Bernard Stiegler quand il prévient que c’est la fin de l’emploi, non pas du travail. Mais bon, Fin du Travail ça fait plus vendeur tout de même.

On a appris à des gens qui n’avaient encore jamais acheté de corn flakes à en avoir besoin : des populations qui, avant, se satisfaisaient d’acheter les flocons d’avoine vendus en vrac par leur épicier furent informées des raisons qui leur feraient préférer des Quacker Oats en boîte.

Susan Strasser – Historienne de la consommation US

Avec ce bouquin, j’ai encore apprécié cet effort de la source. C’est simple, chaque argument avancé est illustré par un lien internet ou une référence à un livre. Qui parfois prennent le goût croustillant de l’anecdote surtout lorsqu’il parle du façonnement de la société de consommation.

Sinon pour faire sa démonstration, il pose le premier postulat qu’il existe une relation inversement proportionnelle entre la productivité d’une économie et emplois disponibles. En clair, plus le progrès technique s’accentue et moins il y a de travail. Cela allant à l’encontre du concept de destruction créatrice chère à Joseph, dit Jojo, Schumpeter. Pour ce dernier, les emplois détruits par un secteur sont recrées dans un autre secteur lié. Exemple avec les paysans qui ont perdu leur emploi à cause des machines agricoles mais en ont retrouvé un en tant qu’ouvrier dans les usines fabriquant ces machines. Je caricature mais vous avez l’idée.

Avant, il fallait une personne pour une caisse. Aujourd’hui, avec les caisses automatiques, on est passé à une personne pour 4 à 6 caisses. Bientôt, avec le numérique, on aura plus besoin de caisses comme l’expérimente actuellement Amazon.

En creusant cette idée, il pose le second postulat qui est que l’âge du numérique avec les économies d’échelle qu’il induit, jamais aucun secteur ne pourra absorber les millions de travailleurs libérés. C’est ainsi qu’il aboutit à la fin du travailleur plutôt que du travail. 😉

Bref, j’arrête là ma logorrhée, ce livre est extrêmement enrichissant et agréable à lire. Alors que demander de plus ?

Quelques extraits sympas :

La révolution de la productivité a donc affecté de deux façons le temps de travail. L’introduction des technologies économisant à la fois la main d’œuvre et le temps a permis aux entreprises d’éliminer massivement des travailleurs et de créer ainsi une armée de réserve de chômeurs qui pâtissent d'une oisiveté forcée au lieu de jouir de leur temps libre. Ceux qui ont encore un travail sont obligés de travailler plus longtemps, en partie pour compenser la baisse de leur salaire et de leurs prestations. Nombre d’entreprises préfèrent occuper plus longtemps une main d’œuvre plus réduite plutôt qu’un personnel plus abondant qui travaillerait moins : elles économisent ainsi diverses charges sociales, dont les prélèvements de santé et de régimes de retraite. Même en payant 50% plus cher les heures supplémentaires, elles dépensent moins que si elles devaient payer les charges sociales inhérentes à une main d’œuvre plus abondante.

Les technologies de l’information et la révolution de la communication renferment la promesse longtemps anticipée d’un monde presque sans travailleurs pour le prochain siècle. L’ironie de la chose, c’est que plus nous semblons approcher de l’accomplissement technologique de cette utopie, plus l’avenir nous apparaît sous le jour d’une anti-utopie. La raison en est que les forces du marché continuent à engendrer production et profit sans guère se soucier de pourvoir au temps libre des millions de travailleurs éliminés par la technologie.

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La semaine de 4 heures _ Timothy Ferriss

Dans les précédents livres, le premier montrait qu’on avait le droit de paresser et le second que l’on aurait le temps pour. Maintenant, voyons comment on peut faire pour vivre en travaillant 4 heures par semaine. C’est en tout cas la promesse de Timothy Ferriss.

A travers un raisonnement incisif et accessible, il essaie de répondre à la question de comment s’organiser pour gagner en un mois, à raison de 4 heures par semaine, le salaire qu’on peut gagner jusqu’à présent en un an en travaillant 35 à 70 heures par semaine. A travers ce constat, on pourra admettre qu’il nous faut 3000 euros par mois. Maintenant, en découpant sur une journée, on découvre que l’on a besoin de faire 100 euros par jour.
Tout de suite, cela devient totalement accessible. L’idée est alors de développer des méthodes pour faire gagner ce montant. Cela peut bien être demander 1 euros à 100 personnes dans la rue. Sinon, nous pouvons aussi utiliser ce qu’il appelle des muses.

Nous avons trouvé notre fabricant en utilisant Alibaba. Je suggère de trouver au minimum 3 fabricants qui peuvent faire ce que vous voulez. Si vous faites fabriquer en chine, il y a de grandes chances pour qu’ils soient tous dans la même ville (les villes ont tendance à se spécialiser dans la fabrication d’un type de produit).

Bob Maydonik – Gagne 10 à 25000 $ par mois en vendant des tapis de yoga

Ainsi, en automatisant et/ou en sous-traitant à Madagascar, vous pouvez monter une affaire de vente de tapis de Yoga aux hipsters parisiens en passant par Alibaba. Bah oui ! Qui sait vraiment qu’Alibaba met en relation entreprises chinoises et aussi particuliers pour de l’achat en gros ? Pas tellement de monde.
 
 
C’était d’ailleurs comme cela que s’y était pris Louis Haincourt pour lancer sa boîte à seulement 15 ans de coques de téléphone originales Dealer de coque.

Les morceaux choisis :

Moins n’est pas paresse. Ne confondons pas tout.
Travailler moins n’est pas paresse lorsque le travail en question n’a aucun sens et que vous le remplacez par des choses qui comptent réellement pour vous. Mais il est difficile d’accepter pour la plupart parce que notre culture tend à récompenser le sacrifice personnel plutôt que la productivité individuelle.

La taille de votre compte en banque n’y change rien, pas plus que le nombre d’heures que vous passez sur internet à gérer des courriels sans importance. Essayez donc d’être productif plutôt que d’être occupé.

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Voilà ! Cette sélection de livres pour mieux comprendre les enjeux du travail est terminée. Elle n’est pas exhaustive alors balancez-moi également vos lectures en commentaires, je suis toujours curieux de ce qu’on peut trouver entre 4 couvertures 😉

J’espère en tout cas que vous allez kiffer ces livres et que vous allez autant en apprendre et prendre de plaisir à lire que j’en ai pris.

Sinon, je partage aussi pas mal de mes découvertes sur Facebook alors si vous voulez sauver un arc-en-ciel de la noyade en sachant quelles sont les bonnes feuilles d’un livre comme Corporate Cults, vous pouvez liker ^^

Mohamed Achahbar Écrit par :

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