Petit, je voulais être cosmonaute. Maintenant, j’ai fini comme un autre. Je voulais tremper ma tête dans la confiture des étoiles. Maintenant, c’est sur un bureau du 8ième étage que je m’étale. J’écrivais les choses au futur. Maintenant, je les écris au passé. C’est fini ! Mon building sera maintenant ma fusée.

Vous êtes encore là ? On poursuit alors ? Pour les quelques absents, j’essaie de projeter ce que nous pourrons être en tant qu’individu dans l’entreprise de demain. J’ai choisi de prendre l’axe, un peu différent, de la rébellion puis de la révolte et maintenant, je veux creuser le hacking d’entreprises.

Alors, déjà, quand je dis hacking, je ne pense pas au hacking informatique. J’entends par hacking, le sens général de se détourner de ce que peut attendre de nous une entreprise. Cela peut être de la désobéissance, du détournement de process etc …Les moyens sont nombreux.

Mais le hacking n’est pas le choix de tous. Comme je l’avais suggéré très rapidement, il y a encore ceux qui choisissent de fuir quand ils ne savent plus ce qu’ils font dans l’entreprise.
 

Hacking d’entreprise : le cri et les actes

Bon … Je disais donc la fuite et la révolte sont les 2 choix qui restent à une personne qui est confrontée à une décision qu’elle ne s’explique pas de l’entreprise. La première est le signe d’un désengagement et la seconde, d’un engagement total.

Sans m’étendre sur le sujet car je ne suis pas le mieux placé pour en parler, la fuite peut prendre trois formes. De la plus extrême à la moins gourmande en énergie pour nous, il y a, tristement, le suicide, puis vient la résignation qui est l’option la plus sollicitée et enfin la démission.

Sinon, il reste donc la voie du hacking …

Le hacking peut alors être un cri d’alerte porté à l’extérieur de l’entreprise comme des actions de guérillas portées en son intérieur. Dans le premier cas, on parlera souvent de lanceurs d’alertes et dans le second cas, de corporate hackers.
 

Le lanceur d’alerte : le cri

Selon Transparency International, le lanceur d’alerte est « tout employé qui signale un fait illégal, illicite ou dangereux pour autrui, touchant à l’intérêt général, aux instances ou aux personnes ayant le pouvoir d’y mettre fin ». Cela suppose également qu’il a épuisé tous les recours internes dans son entreprise pour y mettre fin.

Voici quelques exemples célèbres de lanceurs d’alerte français. Ainsi, Hervé Falciani a fourni à l’administration fiscale française une liste des évadés fiscaux français ayant un compte à HSBC ou bien Stéphanie Gibaud qui fait la même avec la banque UBS ou encore Jean-Luc Touly qui a dénoncé les pratiques de Veolia pour s’approprier les marchés publics et s’arroger les aides internationales.

Les lanceurs d’alerte ont vu leur statut reconnu par la loi en France bien que celui-ci fut pas mal détricoté aux sécateurs par les sénateurs. Cela n’empêchera pas, selon moi, les lanceurs d’alerte de prendre de plus en plus la parole dans les années à venir à moins qu’ils ne deviennent des corporate hackers.
 

Les corporate hackers : les actes

Les corporate hackers sont plutôt discrets car opérant généralement en interne, dans l’ombre et très souvent en solo ou en équipe très réduite sans que personne ne s’en doute sur un projet qui leur tient à coeur. On est donc un peu loin de l’idée de projets Skunkworks qui, si ils ont la particularité d’opérer dans le secret, tout le monde est au courant que le projet existe néanmoins. A titre d’illustration, la conception du Macintosh est un projet Skunkworks ainsi que la structure Google X.

En réalité, les corporate hackers sont de plus en plus assimilés à des intrapreneurs. Ceci connote malheureusement que le terme est pas mal tombé dans la hype et le marketing en perdant beaucoup de son sens en passant. Les corporate hackers ne sont pas des héros et ne veulent pas y prétendre. Généralement, on désigne les corporates hackers car se revendiquer comme tel, c’est aller à l’encontre de la philosophie du hacking comme peuvent le représenter des groupes comme les Anonymous ou encore le Parti Pirate.

Malgré cela, ont émergé des associations qui essaient désormais de les fédérer comme les Hacktivateurs à l’initiative de sa présidente Corinne Weiner et de son équipe fondatrice ou encore les corporate hackers tout simplement .

Avec la hype, forcément, certains s’en revendiquent sans en être. C’est une chose de mener un projet dans son coin mais qui rencontre un certain soutien hiérarchique en interne. Par contre, s’en est une autre de s’accrocher à projet refusé par sa hiérarchie et ce, pendant 3 ans, en vivant quelques mises au placard au passage et de le mener tout de même à bien.

C’est un peu l’histoire de George Yianni, créateur des premières ampoules connectées HUE chez Philips. Oui, les mêmes qui sont distribuées en exclusivité par Apple. Le lien Philips-Apple n’est pas facile à déterminer mais il a en tout cas sorti George de son placard et propulsé à la tête de l’innovation de la lumière connectée chez Philips.


En conclusion, l’entreprise de demain devra maitriser la révolte. La première raison étant d’éviter de retrouver à l’extérieur, des paroles qu’elles n’a pas entendu à l’intérieur. Elle devra également être en mesure de reconnaître et de soutenir des projets dissidents car ils pourront devenir de futurs relais de croissance. Steven Sasson avait été un peu plus hacker, Kodak serait encore là pour en témoigner.

Dans le prochain billet, nous verrons pourquoi l’entreprise de demain n’aura plus de manager ou plutôt de hiérarchie. Non … Je ne vous parlerai pas de l’entreprise libérée car faut pas déconner. Je vais démontrer plutôt que l’entreprise sans hiérarchie sera davantage le fait de la technologie qu’une décision managériale.

Si vous voulez savoir pourquoi avant les autres, vous pouvez toujours me le demander sur Facebook. Parait que cela fait poussez les fleurs 🙂